Il faut voir Barcelone au moins une fois dans sa vie afin de comprendre ce que « Modernisme » signifie. Il faut aussi préciser, afin de bien appréhender la chose, que cet art époustouflant est principalement architectural et décoratif.
Il s’inscrit en fait dans la lignée d’une rupture -européenne collective et contagieuse- d’avec le classicisme. Cet engouement artistique fut d’ailleurs porté par une bourgeoisie catalane cultivée, désireuse de prouver au monde entier sa richesse et son gout avant-gardiste. Elle se fit donc mécène, permettant ainsi la construction de nombreux édifices reconnus et salués aujourd’hui dans le monde entier.
Datant de la fin du 19ème siècle, ce courant artistique naquit sous l’impulsion de la Révolution Industrielle qui bouleversa la vieille Europe. Les villes –face à l’accroissement exponentiel de leurs populations- devaient impérativement s’étendre afin de coller au mieux à leur nouveau mode de vie consumériste.
Pour ce faire, il fallut donc prévoir l’extension des quartiers, puis les construire. Il s’agissait aussi pour le corps artistique européen de répondre par la création à cet accroissement économique sans précédent. Les architectes de l’époque choisirent donc un style tout en courbes et en arabesques, sans angles droits, décoré de fleurs, d’oiseaux, de feuilles etc.
On comprend donc aisément qu’il s’agissait ainsi d’introduire du sensible dans le décor quotidien. C’était là une nouvelle manière de s’exprimer.
En ce qui concerne la Catalogne ce fut l’Eixample, ses blocs, ses rues parallèles, ses immeubles élancés tout en moulures… On connait aussi, ou du moins nous en avons entendu parler, « l’ilot de la discorde ». Il est ainsi nommé parce qu'il est constitué de trois maisons proches les unes des autres, toutes construites au début du vingtième siècle, et œuvres des trois plus importants architectes du Modernisme catalan: Lluis Domènech i Montaner, Josep Puig i Cadafalch et Antoni Gaudi.
La Casa Batllo, la Casa Amatller et la Casa Lleo-Morera sont des constructions hors-normes et saisissantes, contrastant avec le conformisme du quartier de l’Eixample, d’où leur nom « d’ilot de la discorde ». Il s’agissait aussi pour les familles possédantes de se mesurer les unes aux autres.
« La route du Modernisme » est donc un passage incontournable lors de votre séjour dans la capitale catalane car elle constitue l’une des meilleures illustrations de l’art nouveau.